Liste artistique

ABRAHAM FIELD : JEAN-PIERRE MARIELLE

Il est (en apparence) un érudit attaché aux valeurs et aux traditions juives, ce qui l’amène parfois à agir de manière autoritaire et intolérante (répudiation de sa fille, mépris affiché pour son petit-fils laïc). Cette assurance, il la tient d’une confiance aveugle en Dieu, qui est garant de ses actes comme de ses pensées. D’où son scepticisme quand des nouvelles catastrophiques filtrent jusqu’à lui, dans son exil doré en Angleterre. Dieu aurait abandonné son peuple ! C’est impensable… Pourtant, un jour, son système s’effondre : il ne peut plus contester la Shoah … Il lui reste alors, pour seul recours, la sagesse spontanée de Simon.

Jean-Pierre Marielle (« Tous les matins du monde », « Les acteurs », « La petite Lili », « The da Vinci code », etc…) incarnera Abraham à l’écran. Il a, dès la première lecture (2003) accepté ce rôle avec un enthousiasme qui, depuis, est resté intact.

SIMON MILLER : JULIEN FRISON

Simon est un enfant qui devra faire face à des épreuves inimaginables : arrestation de son père sous ses propres yeux, affrontement avec un grand-père inexplicablement hostile, nouvelles désespérantes concernant le reste de sa famille.
Mais il fait face, habitué à ruser avec le destin, et inventer des solutions parfois absurdes mais toujours efficaces contre le mauvais sort. Car, s’il fuit parfois dans l’imaginaire, c’est pour y trouver de nouvelles forces…

Julien Frison (« Odette Toulemonde », « Bataille natale », « Big City », « Un ange à la mer ») sera Simon : il possède un vrai talent d’acteur, remarqué par l’ensemble de la profession, puisque « Rondo » sera son sixième long-métrage… mais il a surtout une profondeur doublée d’une espièglerie qui font de lui le partenaire idéal pour Jean-Pierre Marielle.

PHILIPPINE : AGATHE NATANSON


Philippine est une « évacuée » qui, parmi d’autres, tente de s’accommoder du chaos qu’entraîne la cohabitation à Camden Lodge d’expatriés de toute provenance. C’est là que Simon et Abraham ont, eux aussi, trouvé refuge…
L’idylle qui se noue entre Abraham (l’austère) et Philippine (la primesautière) a de quoi surprendre… L’attirance des contraires, sans doute... En tout cas, Philippine, avec ses remarques à l’emporte-pièce et son ironie à toute épreuve, déstabilisera définitivement Abraham.

Agathe Natanson, (« Les parallèles », « Cabaret Paradis », « The da Vinci code », « Bac + 70 ») a joué dans de nombreuses pièces de théâtre, puis au cinéma. Elle est, à la ville, la femme de Jean-Pierre Marielle.

ESTHER MILLER : MARINA KOBAKHIDZE

Esther, la mère de Simon, l’a perdu de vue en 1942, lors des grandes raffles. Elle le retrouve en 1945… Mais c’est un autre, qui a vécu, appris, pris ses distances, et qui est désormais plus dur, plus cynique, mais plus fort aussi. Elle prend la mesure de cette métamorphose en dialoguant avec lui à propos de choses insignifiantes, par allusions, sous-entendus… Trop jeune encore pour avoir vécu cela, elle est trop adulte pour retrouver sa spontanéité d’avant… Son dialogue avec Simon est une tentative pour renouer avec un certain bonheur, une innocence d’avant-guerre.

Marina Kobakhidze (« Vive la mariée et la libération du Kurdistan », « Sulertia Dagestsevi ») s’avère être l’actrice idéale pour ce rôle : elle peut être secrète, rusée, drôle ou sombre, hilare ou très grave… Ce sont ces émotions que traverse Esther…

JOSEPH MILLER : PIERRE DHERTE

Joseph Miller est photographe, et doué en principe pour le bonheur, s’il avait eu la chance de naître à une autre époque… Mais il n’aura eu que le temps d’apprendre à Simon quelques principes de photographie ou de sagesse. Il est par ailleurs, en son fort intérieur, profondément anticonformiste, et rigoureusement indépendant.

Pierre Dherte (« Noir d’Encre », « Un homme par hasard », « Nana », « La peur au ventre ») sera ce rêveur idéaliste qui traverse la guerre sans coup férir, pour disparaître, un moment, sans avoir pu embrasser ses enfants. Il est non seulement acteur, mais aussi funambule et magicien : il réunit donc toutes les qualités nécessaires pour incarner Joseph.

SYBIL LOVEJOY : AURORE CLÉMENT

Vivant dans l’ombre de son mari, le recteur Lovejoy, Sybil aurait sans doute mené une
vie effacée d’épouse bourgeoise si l’accueil des enfants évacués ne lui avait fait découvrir
un tout autre monde : celui de l’absence, du déracinement.

Avec Simon, très rapidement, un lien complice se noue. Ils se comprennent à demi-mot,
elle devine sa détresse…

Aurore Clément (“Lacombe Lucien” ; “Les rendez-vous d’Anna” ; “Paris, Texas” ; etc.),
solaire, fine, cultivée, a voulu être Sybil. Elle a compris que sa rencontre avec Simon,
si elle est brève, est, pour chacun d’entre eux, un événement majeur. Là où les autres
esquivent le dialogue, Sybil sait écouter et dire. Elle donne à Simon, par petites touches
discrètes, un amour qui lui manque cruellement. Un personnage inoubliable, une actrice
toujours juste, toujours présente.